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Révision de l’aire délimitée Champagne

Voici un communiqué de presse transmis par le CIVC datant d’avril 2008.

Ce communiqué a pour intérêt de vous expliquer clairement les changements qui s’opèrent actuellement sur  l’aire délimitée Champagne.

Une délimitation ancienne, qui date du début du 20ème siècle

Le vignoble de la Champagne est ancien et historiquement très vaste. En 1865, il s’étend sur 65.000 ha, même si une part réduite des vins produits est destinés à la production de vins effervescents. L’apparition du phylloxéra, à la fin du XIXème siècle puis la guerre de 1914-18 vont en réduire considérablement la surface, celle-ci représentant environ 12.000 à la fin des hostilités.

Une appellation d’origine est, par essence, rattachée à un terroir. Encore faut-il que ce terroir soit identifié, et pour cela, qu’il soit délimité.

La délimitation de l’aire géographique de la Champagne Viticole, amorcée dès 1908, a été établie par la loi du 22 juillet 1927. Celle-ci a défini deux notions :

  1. L’aire géographique d’élaboration, où il est possible de vinifier, d’élaborer et d’habiller les vins d’appellation Champagne. Cette aire est composée aujourd’hui de 647 communes ;

  1. A l’intérieur de celle-ci, des terroirs sont déclarés aptes à porter de la vigne compte tenu des usages locaux, loyaux et constants. Au terme d’un long processus de délimitation, 319 communes sont retenues dans cette aire de production qui représente au total 35 280 hectares.

Pourquoi le vignoble champenois a-t-il décidé de remettre en chantier sa délimitation ?

La question de la révision de l’aire s’est posée dès la fin des années 1980 mais la crise de 1990 a mis un terme provisoire à ces réflexions.

C’est la loi de 1984, sur la délimitation des AOC, qui donne pouvoir à l’INAO de classer des terrains sur la base de critères techniques, et les demandes de délimitation émanant de différentes communes, qui ont relancé la réflexion du SGV sur ce sujet : à partir du moment où, dans l’aire Champagne, toute commune pouvait, de sa propre initiative, demander la réouverture de la délimitation sur son territoire, le SGV a considéré qu’il était plus logique de faire cet exercice à l’échelle de toute la Champagne, pour assurer que cette démarche soit conduite d’une manière cohérente, basée sur des critères identiques, clairs et homogènes, afin de garantir la qualité des vins de Champagne offerts au consommateur final.

C’est en 2003 que les professionnels champenois ont officiellement demandé à l’INAO la révision (et non l’extension) de la délimitation. L’INAO a accepté cette demande. A cette fin, et comme pour toute procédure de délimitation, le comité national de l’INAO a désigné une commission d’enquête, puis une commission d’experts..

A ce stade du projet, il s’agit de réviser deux listes de communes : les communes de l’aire de production et celles de l’aire d’élaboration. On ne parle pas de surfaces en plus ou en moins : ceci viendra lors de la deuxième phase, sur la base des propositions faites par les experts.

La révision pourra ajouter ou retirer des communes. L’objectif est de parvenir à un résultat homogène et cohérent, avec comme obsession l’amélioration qualitative.

Si le dynamisme de l’économie de la Champagne est un moteur supplémentaire pour conduire cette délimitation, ce n’est pas l’élément essentiel car une surface délimitée n’est pas une surface plantée. Rappelons qu’après la loi de 1927, il aura fallu à la Champagne presque 80 ans pour toucher les limites physiques de son appellation.

La procédure de révision de délimitation : un processus long, entouré de garanties

Le travail de révision de délimitation d’une AOC relève de la compétence de l’INAO. La procédure comporte plusieurs étapes incontournables :

  1. La première consiste à déterminer les critères généraux retenus pour conduire la délimitation ;

2) La seconde consiste à établir, sur la base de ces critères généraux de délimitation, la liste des communes faisant partie de l’aire géographique délimitée. Celle-ci sera composée de deux zones imbriquées :

  1. la zone d’élaboration, c’est-à-dire la liste des communes où sont vinifiés, champagnisés et habillés les vins de Champagne.
  2. et la zone de production de raisins, c’est-à-dire la liste des communes où l’on peut planter des vignes productrices de raisin destiné à l’élaboration de Champagne.

Ces deux zones seront matérialisées chacune sous la forme d’une liste de communes figurant au cahier des charges de l’appellation.

3) Enfin, des principes de délimitation parcellaire seront arrêtés, sur la base desquels sera conduite la délimitation parcellaire, exclusivement dans les communes de la zone de production de raisins.

Chacune de ces étapes fait l’objet d’un rapport d’experts, soumis pour approbation au Comité national des vins et eaux‑de‑vie de l’INAO. Ce n’est qu’une fois que celui-ci s’est prononcé favorablement sur le rapport qu’il est possible de passer à l’étape suivante.

Première étape : les critères

Une commission d’enquête, appuyée par une commission de consultants nommés par l’INAO, a établi les critères qui justifieront l’intégration d’une commune dans la zone d’élaboration et la zone de production de raisins.

Ces critères, dits « principes de délimitation », ont été validés par le comité national de l’INAO en mars 2006, sur la base de propositions du syndicat de défense de l’appellation. Ils sont, globalement, les suivants :

  1. l’intégration d’une commune dans l’aire d’élaboration implique une tradition de vinification dans la commune considérée. La commune doit être incluse dans la Champagne historique et témoigner d’une vocation vinicole ;
  1. les principes de délimitation de la zone de production de raisins font appel à des notions d’aptitude du milieu naturel qui doit être techniquement favorable à la production de raisins de qualité (sol, sous-sol, coteaux, exposition…).

L’objectif  de ces principes de délimitation est double :

  1. d’une part, veiller à conserver une approche homogène de la délimitation de l’aire géographique de la Champagne et éviter que, par délimitations successives, on aboutisse à un patchwork de terroirs hétérogènes. Pour les professionnels de la Champagne, seule cette approche globale est garante du maintien et de l’amélioration de la qualité des raisins destinés à l’élaboration de vins de Champagne ;
  1. d’autre part, rectifier des anomalies existantes dans l’actuelle délimitation, en particulier celles découlant de circonstances historiques.

Deuxième étape : la liste des communes de l’aire et la validation par l’INAO

Cette mission a été confiée à une commission d’experts indépendants, composée d’un historien, d’un géologue, d’un technicien de la vigne, d’un phyto-sociologue et d’un climatologue, nommés par l’INAO en mars 2006.

En octobre 2007, les experts ont soumis leur premier projet de délimitation communale au syndicat général des vignerons de la Champagne et au comité régional de l’INAO.

En novembre 2007, leur projet a été déposé au Comité national de l’INAO ; il propose une liste de 675 communes pour la zone d’élaboration (au lieu de 634 actuellement) et une liste de 40 nouvelles communes et de 2 communes sortantes pour la zone de production (qui en compte actuellement 319).

Le 13 mars 2008, le comité national de l’INAO a validé le projet des experts. La liste a été publiée le 7 avril dans les annonces légales de la presse régionale pour mise à l’enquête publique entre le 21 avril et le 21 juin 2008.

Prochaines étapes : l’enquête publique, le rapport définitif des experts et la révision parcellaire

Entre avril et juin 2008, le projet est soumis à enquête publique et procédure nationale d’opposition afin de permettre à toute personne concernée de prendre connaissance du rapport des experts et de déposer par écrit des réclamations ou des oppositions.

Ensuite, pendant l’été 2008, la commission d’experts de l’INAO aura deux mois pour examiner les réclamations et, éventuellement, réviser son projet initial lequel sera soumis au SGV et au Comité régional de l’INAO d’abord puis au comité national de l’INAO fin 2008 ou début 2009.

Si le projet d’aire géographique est approuvé par l’INAO, un projet de décret officialisant la nouvelle définition de l’aire géographique sera présenté au Conseil d’Etat.

Ce n’est qu’une fois cette étape terminée que pourra commencer la dernière phase de la délimitation : la révision du parcellaire dans les 357 communes de la zone de production de raisins, c’est-à-dire la détermination des parcelles qui pourront effectivement produire des raisins AOC Champagne.

Il faudra préalablement que l’INAO définisse des principes généraux de délimitation parcellaire et nomme une nouvelle commission d’experts.

L’INAO estime que cette dernière phase, qui pourrait commencer courant 2009, prendra au moins 5 ans et pourrait être finalisée en 2015.

Et après ?…

Les professionnels du champagne espèrent majoritairement que cette révision apportera des terrains supplémentaires sur lesquels seront plantées de nouvelles vignes pour permettre à la Champagne d’accompagner son expansion commerciale, comme elle l’a fait jusqu’ici, en augmentant progressivement sa surface plantée.

Cependant, dans le cadre de la procédure qui est engagée, aucun terrain ne sera classé s’il ne répond pas aux critères de cohérence et de qualité définis par l’INAO.

Par ailleurs, aire délimitée ne signifie pas aire plantée. La surface parcellaire classée de la Champagne est fixée depuis presque 80 ans. Pour autant, elle n’arrive qu’aujourd’hui à ses limites physiques en termes de plantation. Cela illustre le fait que vignerons et maisons de Champagne ont toujours su développer progressivement leur production pour permettre un développement maîtrisé et équilibré de l’économie du champagne.

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