Comment se débarrasser du phylloxera ?

Comment se débarrasser du phylloxera

Avez-vous déjà entendu parler du phylloxera ? Savez-vous de quoi s’agit-il réellement ? En effet, on entend souvent parler du phylloxera lorsque l’on aborde l’histoire viticole ou celle des appellations. Apparenté aux pucerons, le phylloxera est un véritable ennemi des vignerons. Originaire de l’Est des Etats-Unis, il fut signalé pour la première fois en France en 1863. Aujourd’hui, le phylloxera a colonisé presque tous les vignobles du monde. Mais qu’est-ce que c’est et comment se développe-t-il ? Quelle est la solution la plus efficace pour lutter contre ce parasite ?

A RETENIR :

Lorsque le phylloxera a frappé l’Europe à la fin du 19e siècle, il ne peut être combattu avec des produits chimiques. La solution la plus efficace est le greffage. Il s’agit de greffer les parties aériennes des vignes européennes sur des racines de vignes américaines.

Vous souhaitez en savoir davantage sur le phylloxera ? Voici nos solutions pour lutter contre le phylloxera.

La biologie du phylloxera

Le phylloxera est un puceron parasite de la vigne sans callosité qui pond des œufs et dont le développement, à partir de l’œuf s’effectue en quatre stades mobiles afin d’atteindre l’adulte. Le phylloxera a un cycle de vie complexe. On distingue deux types de femelles parthénogénétiques sans ailes qui se développent à partir de gamètes femelles non fécondés :

  • Le Phylloxera gallicole se développant sur le feuillage. Chaque femelle pond environ 600 œufs. Cela donne naissance à des larves qui se transforment en adulte après 4 mois. Ce cycle peut se répéter sur plusieurs générations. Alors que les premières générations restent gallicoles, il arrive que certaines larves des générations suivantes migrent vers les racines et ont une descendance radicicole. Ces larves sont appelées « néogallicoles radicicoles ».
  • Le Phylloxera radicicole se développant sur les racines. Les femelles de ce type de phylloxera pondent 40 à 100 œufs, qui seront à l’origine de larves, d’adultes et de nouvelles générations qui peuvent se poursuivre indéfiniment. Certaines larves du premier stade peuvent hiberner, puis au printemps, elles reprennent leur activité.

Bon à savoir :

Certaines femelles du phylloxera subissent une mue supplémentaire en été. Elles se transforment ainsi en nymphes, qui sont à l’origine de Phylloxeras ailés. Les œufs de phylloxéra pondus sur la partie aérienne de la vigne donneront naissance à des mâles et à des femelles. Ces derniers ne peuvent vivre que quelques jours, le temps de s’accoupler et de produire un œuf d’hiver.

Points-clés à retenir :

  • Le Phylloxéra est un puceron parasite qui s’attaque à la vigne. Cet insecte a un cycle de vie très complexe.
  • D’abord, il existe sous forme de galle et vit sur les feuilles de vigne. Pendant une période, il vit dans le sol et se nourrit des racines de la vigne.

La crise du phylloxera en France

La viticulture est très présente en France dans la première moitié du 19e siècle. On estime qu’un tiers du travail est lié à la viticulture, à la production de vin et à sa commercialisation. La 2e moitié du 19e siècle est une période compliquée. Il y a eu l’apparition de plusieurs maladies entrainant des crises dans le monde du vin. Introduit accidentellement en France au 19e siècle, Le phylloxéra de la vigne est originaire d’Amérique du Nord. Des chercheurs ont organisé des campagnes d’échantillonnage d’insectes en Europe et aux États-Unis pour réaliser des analyses de génomes personnels. Les résultats confirment l’identification de Vitis riparia, une vigne sauvage américaine, comme source des phylloxéras qui ont envahi l’Europe. Plus précisément, les populations sauvages qui vivent le long du fleuve Mississippi seraient à l’origine de l’apparition du phylloxéra dans le vignoble français. Enfin, les invasions du reste du monde ont été fait à partir des populations introduites en Europe. La crise du phylloxera a entraîné la destruction de la moitié du vignoble français, modifiant pour longtemps l’économie et la géographie de la viticulture.

Bon à savoir :

Entrainé par le vent, le phylloxera peut créer de nouveaux foyers à des kilomètres de son point de départ. Le phylloxera se propage à une vitesse folle, il ne lui faudra que vingt ans pour envahir toute la France.

Points-clés à retenir :

  • La crise du phylloxera a commencé dans le sud de la France en 1865.
  • Le terrible insecte avait probablement débarqué d’Amérique du Nord par le port de Sète.

La reproduction du phylloxera

Le phylloxera est extrêmement contagieux. Il se répand sous ou sur le sol. Sa piqûre est responsable de la formation de galles sur les feuilles. La reproduction du phylloxéra est très spécifique et assez complexe. L’accouplement à la fin de l’été entre mâles et femelles se traduit par la ponte d’un œuf en hiver. Ce dernier éclora au printemps afin de donner vie à une femelle sans aile. Cette larve descendra jusqu’aux racines et après 3 mues elle deviendra adulte et pourra pondre jusqu’à une centaine d’œufs, toutes femelles, par un processus de reproduction qui comprend la division d’un gamète non fécondé. Ce cycle peut être répété pendant 5 à 6 générations.

Quand vient l’été, une nouvelle mue se produit pour toutes ces femelles qui deviennent alors des nymphes, et enfin des phylloxéras ailés dont les œufs feront éclore des mâles et des femelles qui ne vivront que le temps de s’accoupler afin de produire l’œuf d’hiver. Un nouveau cycle de reproduction annuel commence. Concernant la reproduction du phylloxéra gallicole, la femelle pond en moyenne 600 œufs. Les larves connaîtront quatre mutations avant de devenir adultes. Ce cycle peut se répéter pendant des générations mais restera sur les feuilles.

Bon à savoir :

Les phylloxéras gallicoles vivent sur les feuilles. En suçant les feuilles, les phylloxeras développent des galles, qui font jaunir le feuillage, mais sans faire mourir le pied. En revanche, ceux qui vivent sur les racines entraînent des blessures qui s’infectent à tel point que ces tubérosités affaiblissent le pied qui finit par mourir.

Points-clés à retenir :

  • Le phylloxera se prolifère rapidement. Une femelle du phylloxéra gallicole pond en moyenne 600 œufs.
  • Les phylloxeras gallicoles attaquent les feuilles, mais sans faire mourir le pied. Par contre, les formes radicicoles qui vivent sur les racines affaiblissent les pieds des vignes qui finiront par mourir.

Les solutions pour lutter contre les phylloxeras

Durant de nombreuses années, les plus grands experts se sont penchés sur les solutions permettant d’empêcher la propagation du phylloxera. On a remarqué que les sols sablonneux n’étaient pas propices à son développement. Cependant, s’il en existe sur le littoral méditerranéen, alors ce type de sol n’est pas représentatif de l’ensemble de la France. Des solutions chimiques ont également été réalisées. Des substances, telles que le disulfure de carbone, ont été injectées dans les racines. Cependant, cette solution est extrêmement longue et particulièrement coûteuse et nocive pour le viticulteur. De plus, il s’avère peu efficace et qui n’a servi qu’à assurer la survie de certains plants en attendant de nouvelles solutions.

Ce sont les cépages américains résistants qui fourniront le seul traitement à long terme contre les pucerons et préviendront cette grave crise. Cela a commencé avec l’utilisation de cépages américains mais la saveur n’y était pas. On a alors décidé de greffer du vitis vinifera européens sur des pieds américains résistants. Cette lutte génétique a porté ses fruits et le vignoble français se redresse doucement. Depuis, les techniques de porte-greffe se sont popularisées et ont subi de nombreuses évolutions : elles sont adaptées aux conditions climatiques des différents pays producteurs, elles donnent aussi de meilleurs rendements et sont plus résistantes à ces autres parasites.

Bon à savoir :

Pour lutter contre les phylloxeras, la vigne a été noyée en hiver, sur une période de 50 jours sous 25 centimètres d’eau. Cela permet de tuer les œufs d’hiver du phylloxera. Toutefois, seules les zones littorales ou proches de nappes phréatiques qui sont sauvables. Malheureusement, on ne peut pas appliquer cette solution dans les grandes régions viticoles.

Le phylloxera est un parasite qui attaque les vignes. Il ne peut être combattu avec des produits chimiques et lorsqu’il a frappé l’Europe à la fin du 19e siècle, la solution la plus efficace est le greffage. La solution consiste à greffer des parties aériennes de la vigne européenne vitis vinifera sur les racines d’une vigne américaine, résistantes au phylloxera.

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