L’oïdium de la vigne

L’oïdium de la vigne

Oïdium, maladie du blanc, blanc de la vigne, maladie de la cendre … etc., lequel est le terme qui vous est familier ? Ou bien vous n’avez jamais entendu parler de maladie de la vigne ? Eh bien, les maladies de la vigne existent bel et bien et l’oïdium ou la maladie du blanc ou le blanc de la vigne ou encore la maladie de la cendre, quelle que soit son appellation, fait partie des maladies les plus courantes atteignant la vigne. Vous trouverez réponses à vos questions y concernant dans cet article. Toutefois, nous estimons qu’il est nécessaire d’avoir quelques connaissances de base sur les organes de la vigne, que ce soit les organes végétatifs ou les organes reproducteurs pour mieux comprendre cette maladie. En effet, les risques pour les vignes d’attraper des maladies sont énormes dès qu’elles se réveillent de leur repos hivernal et que leurs bourgeons donnent naissance à des rameaux épanouis, puis à des grappes charnues. 

Quels sont les organes de la vigne ?

Tout d’abord, la vigne est une plante pérenne ligneuse composée de feuilles, de tiges, de rameaux, de grappe de raisin et de racines. La grappe de raisin est constituée par la rafle ; c’est la partie ligneuse ramifiée qui supporte les grains. Elle est essentiellement constituée d’eau, de fibres, de tanins et de matières minérales. Quant aux grains de raisin, aussi appelé baie, on a la pellicule, la pulpe et le pépin. La pellicule enveloppe le fruit ; elle contient des matières odorantes et colorantes mais également des tanins plus fins que ceux de la rafle. La pulpe, dont les cellules renferment le moût ou jus de raisin, est constituée principalement d’eau, de sucres et d’acides. En ce qui concerne les pépins, généralement de nombre de 1 à 2, renferment des tanins et des huiles non recherchées pour l’élaboration du vin.

À RETENIR :

  • Organes végétatifs : rameaux, feuilles, vrilles, racines
  • Organes reproducteurs : inflorescences, fleurs, baies, pépins

Quelles sont les maladies affectant la vigne ?

Certes, les vignerons ne traitent pas leurs vignes par plaisir mais par nécessité car les maladies de la vigne ne sont pas des mythes ; elles existent réellement et sont présentes dans tous les vignobles.

Ce sont alors les maladies cryptogamiques qui affectent souvent les vignes. Elles sont causées par des champignons microscopiques ; les plus connus sont l’oïdium, le mildiou, le botrytis ou la pourriture grise, le black-rot, l’excoriose, l’esca, et l’eutypiose. Ces maladies ne datent pas d’aujourd’hui car elles ont été observées dans les années 1800 en Grande-Bretagne et en Amérique.

Ces maladies peuvent non seulement entraîner des pertes de récolte considérables, mais elles nuisent aussi à la qualité même du vin en rendant inactives les feuilles responsables de la maturation des raisins par exemple. En d’autres termes, elles engendrent des dégâts terribles sur les grappes tantôt quantitatives et qualitatives.

Bon à savoir : 

L’oïdium, le mildiou, et le botrytis sont désignés comme les plus ravageurs. Ces champignons de taille microscopique se développent à la surface des organes verts de la vigne ; c’est-à-dire aux feuilles, rameaux, vrilles ou grappes.

Appellation Causes Symptômes
L’oïdium  Erysiphe necator sévit sur toutes les parties herbacées

ralenti la croissance des jeunes pousses

feuilles ternes tachées d’un feutrage gris

présence de poussières grise sur les inflorescences et les grappes

Le mildiou Plasmopara viticola : un champignon originaire d’Amérique du Nord – taches d’huile sur la face supérieure des jeunes feuilles

– évolution en nécroses

– dessèchement des inflorescences

– développement d’un feutrage blanc sur les jeunes grappes

– brunissement des baies attaquées

Le botrytis Apanage du champignon Botrytis cinerea – pénétration dans les organes blessés 

– pourriture des fruits

– en conditions humides, la pourriture grise envahit la totalité des grappes.

 

L’oïdium, comment y remédier ?

Pour remédier à l’oïdium, il faut être des plus vigilants car ce champignon se développe lentement, avant de se propager de façon non-maîtrisable sur les feuilles et les grappes. L’oïdium à lui seul peut nuire jusqu’à 95% de la récolte car il affecte la qualité du vin et engendre des pertes aromatiques ainsi qu’une impression de dureté des tanins surtout sur les vins rouges.

Quand les symptômes sont visibles à l’œil nu, il se peut que le vigneron agisse un peu tard. Néanmoins, il est prévisible et facile à appréhender si les premières taches sont repérées et leurs repiquages sont anticipés. Grâce aux recherches scientifiques et à l’évolution des techniques agricoles, des outils performants ont été développés afin d’aider les agriculteurs à mettre en place les traitements adaptés aux maladies de la vigne.  

En principe, dans le but de maîtriser ces champignons et de limiter leur développement, le vigneron devra : 

  • limiter la vigueur
  • éviter l’entassement des grappes
  • favoriser l’aération
  • lutter contre les vers de la grappe

Toutefois, des produits phytopharmaceutiques, qui sont des produits pharmaceutiques actifs sur les plantes, sont disponibles pour protéger les végétaux ou les produits végétaux contre tous les organismes nuisibles afin d’assurer la quantité et la qualité de la récolte. Il est cependant recommandé de limiter leur utilisation au strict nécessaire et d’avoir une très bonne connaissance du terroir et des sensibilités des différents cépages. 

À retenir : 

  • Les maladies de la vigne peuvent détruire la vendange en partie ou en entier et altèrent aussi la composition des raisins, puis des vins.
  • La culture de la vigne nécessite l’utilisation de produits phytopharmaceutiques.
  • Les cycles biologiques des champignons phytopathogènes étant aujourd’hui très bien connus facilitent la prévision des risques et permettent le traitement au bon moment.

En bref

L’oïdium, étant un champignon dévastateur de vigne, ne représente en aucun cas un obstacle aux viticulteurs de cultiver leurs vignes. Il faut cependant doubler de vigilance quant à l’état sanitaire de la culture de la vigne et la production de raisin pour assurer la pérennité de son vignoble afin de produire le plus longtemps possible. Il est donc impératif que le viticulteur identifie rapidement et efficacement les principales maladies fongiques de la vigne afin de prévenir leur développement. En effet, une attaque maîtrisée peut réduire considérablement le ravage causé par ces maladies. Pour ce faire, les viticulteurs ont des techniques appropriées à portée de main pour planter et entretenir leur vigne afin de produire le raisin qui leur convient. Cependant, les viticulteurs sont en attente de découverte de cépages résistants à l’oïdium et aux autres champignons. L’êtes-vous aussi ?